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article est reference sur le lombricompost

SESSION IV. CHIMIE, FERTILITÉ ET BIOLOGIE DES SOLS

 

Effet d’un compost et d’un lombricompost sur les rendements du fraisier et sur l’incidence du Verticillium dahliae chez le fraisier (Fragaria chiloensis).

Lalancette,1,2, R., G. Allard 1 , et Fernand Pagé 2.

1, Département de phytologie, Université Laval, Québec QC.

2, Institut de R&D en agroenvironnement, ( IRDA ) Sainte-Foy QC.

Courriel : reneelalan7@hotmail.com

 

 

 

Le nombre de producteurs de fraises diminue d’ année en année. L’infestation de la production par des agents pathogènes explique en partie cette diminution ( RLIO, 1997 à 2003 ). Une de ces maladies est le flétrissement verticillien causé par le champignon pathogène (verticillium dahliae). Les moyens proposées aux producteurs pour la répression du champignon sont la rotation des cultures et la fumigation du sol avec du bromure de méthyle (Maas 1998). Un moyen encore peu envisagé par les producteurs du Québec pour enrayer cette maladie est l’utilisation de compost ou de lombricompost. Il est reconnu que l’utilisation de compost et lombricompost diminue l’incidence de certaines maladies ( Hoitink et al., 1997; LaMondia et al., 1999 ). Les producteurs de fraises pourraient bénéficier doublement de ces amendements organiques puisque ceux-ci sont également reconnus pour améliorer l’ensemble des propriétés du sol et le rendement des cultures (Sauvesty et Tabi, 1995 ).Enfin l’utilisation de compost et de lombricompost s’inscrit dans le cadre d’adoption de pratiques plus écologiques de gestion des fumiers, ( Ministère de l’environnement, 2003 ).

Le compostage est un processus de bio-oxydation et stabilisation de la matière organique assuré par les micro-organismes (Mustin, 1987). Le compostage par l’entremise de lombriciens est un procédé qui permettrait d’accroître la valeur commerciale du compost (Edwards et Burrows, 1988). Plusieurs données scientifiques confirment l’opinion populaire à l’effet que le lombricompost entraîne des rendements plus élevés que le compost ( Atiyeh et al. 2000 ). Il semble donc judicieux d’examiner les impacts du compost et du lombricompost sur des rendements du fraisier et sur la réaction au Verticillium dahliae.

Trois milieux de croissance ont été comparés, soit un milieu témoin ( sable + 7,8% terreau ) et deux autres avec du compost ou du lombricompost ( 20% sur une base volumique ) : sous fertilisation minérale ( fertilisé ou non ) et sous inoculation du Verticillium dahliae ( inoculé ou non ). Le dispositif expérimental est un plan en tiroir factoriel de cinq répétitions avec le facteur inoculation du Verticillium dahlia en parcelle principale.

Les effets de ces traitements chez le fraisier ont été examinés par l’estimation de : l’indice de surface foliaire, la masse sèche, le rendement en fruits et le poids moyen des fruits. Les plants de fraisiers sous compost et lombricompost ont réagi de façon significative différente des plants témoins. Les milieux avec compost et lombricompost contenaient plus d’azote que le milieu témoin. L’azote présent dans le milieu avec le lombricompost est principalement sous forme de nitrate. Avec fertilisation minérale, les écarts entre les rendements obtenus avec les trois milieux diminuent par rapport au rendement de fertilisation. Sous fertilisation minérale, les plantes ne réagiraient plus à l’addition excessive d’éléments fertilisants ( Soltner, 2000 ), ou encore les fertilisants minéreaux stimuleraient la minéralisation de l’azote contenu dans les compost, diminuant ainsi sa disponibilité pour la plante ( Jedidi et al, 1994 ).

 

 

 

EN CONCLUSION :

 

L’ utilisation du compost et particulièrement du lombricompost représente une avenue prometteuse dans un programme de fertilisation du fraisier. Il serait pertinent de mener cette recherche au champ et de comparer plusieurs doses d’amendements organiques et d’engrais minéraux . Le volet phytosanitaire devrait être repris avec un milieu plus représentatif des sol agricoles. Le lombricompost est sans contredit une des valeurs ajoutées issus du traitement de fumier et de bio solides des plus intéressantes. De nombreux travaux de recherche ont en effet montré les grandes qualités de ce produit pour la culture des plantes.

 

LES AVANTAGES DU LOMBRICOMPOST

 

 

 

Il favorise la croissance des végétaux et des racines :

 

  • il a été démontré que les végétaux plantés dans un milieu de croissance contenant du lombricompost sont plus forts et ont un meilleur rendement. Le lombricompost ajoute non seulement de la matière organique au sol mais aussi des oligo-éléments tels que le fer, le manganèse, le cuivre, le zinc et le bore, nécessaires à la croissance des végétaux.

 

Il améliore le rythme de diffusion des nutriments :

 

  • Les éléments nutritifs ne sont libérés que lorsque la plante en a besoin; plus vite quand le temps est chaud et humide, plus lentement quand il fait froid. Le lombricompost rend au sol ses nutriments, prolongeant ainsi leur présence dans le sol pour nourrir les végétaux pendant une longue période de temps, l’ajout de fertilisants au sol prévient aussi la perte de fertilisants par ruissellement dans les eaux de surface.

 

Il améliore la porosité du sol :

 

  • L’activité microbienne est essentielle à la fertilité du sol, les micro-organismes décomposent les matières organiques pour rendre les nutriments contenus dans ces matières accessibles aux végétaux. Les sols compacts ne laissent pas l’eau et l’air essentielles aux micro-organismes du sol, pénétrer la surface du sol. Le lombricompost étant composté de particules de tailles différentes, il offre une structure poreuse qui améliore la porosité du sol.

 

Il améliore la capacité de rétention d’eau :

 

  • La matière organique contenue dans le lombricompost peut absorber l’eau, améliorant ainsi la capacité de rétention d’eau du sol. Le sol est alors en mesure d’absorber de l’eau lorsqu’il pleut ou pendant les arrosages et de la retenir pour que les végétaux puisent à même ces réserves entre les pluies et les arrosages.

 

Il accroît la résistance à l’érosion par le vent et l’eau :

 

  • L’ajout de lombricompost prévient l’érosion par l’eau et le vent en rendant l’eau et les nutriments plus accessibles aux végétaux, ce qui leur permet de croître plus rapidement et plus forts dans les endroits propices à l’érosion.

 

Il favorise la limitation de maladies chez les végétaux :

 

  • La recherche a démontré que le lombricompost réduisaient l’incidence de certaines maladies chez les végétaux.

 

 

 

La fertilité des sols :

 

  • Elle dépend principalement de la quantité et de la qualité des matières organique transformées par des organismes décomposeurs. L’efficacité de ces derniers peut être caractérisée par le taux de transformation de la matière organique, dépendant des facteurs du milieu tels que la température, l’humidité et des caractéristiques de la matière à décomposer. Les populations d’invertébrés, comme les vers de terre dans le sol, jouent un rôle primordial dans la transformation et interviennent dans la dynamique des matières organiques dans le sol, il transforment la matière organique instable, souvent d’origine végétale en substances organique stables appelées « Humus ». Les vers de terre participent également à la libération d’éléments minéraux disponibles dès lors pour toutes sortes de plantes cultivées.

 

la gestion des populations de vers de terre :

 

  • Elle peut être considérée comme une méthode culturale efficace pour pallier le manque de fertilité des sols, en plus de la transformation de matières organiques très diverses, le lombricompostage engendre la production de deux types de produits valorisants : La biomasse en vers de terre et le lombricompost. Le premier peut être utilisé pour l’alimentation de certains animaux d’élevage, le second fournit un amendement homogène et efficace permettant d’accroître la fertilité des sols en utilisant les matières organiques disponibles. De plus le lombricompost présente des niveaux de contamination en micro-organismes pathogènes bien plus faibles que le compost conventionnel. Un des critères utilisés pour évaluer le substrat d’élevage des vers de terre est le rapport entre carbone et azote.

 

Le cycle du carbone :

 

  • C’est uniquement le CO2 à l’état gazeux dans l’atmosphère, ou à l’état dissous dans les eaux, qui fournis le carbone servant de base à l’élaboration de la matière organique des êtres vivants; Ce CO2 est capté par les plantes vertes( contenant de la chlorophylle) et est transformé par la photosynthèse en glucides( sucres) et par d’autres biosynthèses en protides (protéine), en lipides (graisses). Ces différentes substances servent de nourriture aux animaux et aux plantes sans chlorophylle ( champignons,…) Tous les organismes vivants respirent et rejettent à leur tour le carbone dans l’atmosphère sous forme de CO2. Lorsque des être vivants (plantes et animaux) meurent, les débris sont décomposés et minéralisés par d’autres organismes vivants, les décomposeurs et les bio réducteurs au bout de la chaîne, le carbone est remis en circulation sous forme de CO2, c’est en quelque sorte la « respiration du sol » il en va de même pour tous les résidus des êtres vivants, déjections, sécrétions, etc. Le compost est une étape intermédiaire dans la décomposition des matières organiques, étape qui conduira à la minéralisation ultime.

 

Le cycle de l’azote :

 

  • Le grand réservoir d’azote nécessaire à la vie est l’air, l’air est composé de 80% d’azote et 20% d’oxygène, pour pouvoir être utilisé par les organismes vivants l’azote atmosphérique doit d’abord être minéralisé, ce sont des micro-organismes, surtout des bactéries qui ont pour action de réaliser cette minéralisation; cette minéralisation apporte l’azote au contact des racines des plantes sous la forme de nitrates, ces nitrates sont alors absorbés et transportés jusqu’aux feuilles où ils sont utilisés pour la synthèse des protéines, ces protéines sont la base de l’alimentation azotée des animaux. A la mort des êtres vivants ( plantes et animaux ), des micro-organismes décomposeurs, rendent au sol l’azote minéral tandis que certaines bactéries spécialisées décomposent une partie des nitrites pour rendre l’azote à l’air.

 

Le lombricompostage :

 

  • Le lombricompostage est donc un procédé naturel qui transforme en présence d’oxygène (aérobiose) la matière organique en un produit ressemblant à de la terre en un produit noble appelé Humus.

 

 

Est «  ORGANIQUE « 

Tout ce qui provient d’êtres vivants

( végétaux ou animaux )

que la matière soit transformée ou à l’état brut.

 

 

 

Les élément essentiels du lombricompostages :

 

  • les matières première a composter ( matières organiques tel le fumiers )

  • l’eau

  • l’oxygène

  • Température

  • Hydrométrie

Les vers de terre sont les auxiliaires les plus précieux du jardinier, mais ils sont rarement visibles. Ils contribuent beaucoup à l’enrichissement de la couche d’humus et par là, à la croissance de plantes saines et résistantes. Ils représentent un maillon irremplaçable dans le système écologique du sol. Cependant, pendant longtemps, les hommes n’ont pas pris connaissance de la capacité des vers de terre à influer sur le paysage et à améliorer le sol. Le naturaliste et fondateur de la théorie de l’évolution, Charles Darwin (1809-1882) a apporté quelques lumières sur la vie la plupart du temps ténébreuse de ces habitants de la terre. Dans son célèbre livre « Rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale » (1881), il mit en évidence entre autres choses le fait que les vers de terre ne nuisent pas aux plantes, mais au contraire favorisent leur croissance. Aujourd’hui on sait que dans les excréments des vers de terre, il y a bien plus grandes quantités d’azote, de phosphore, de potassium, de calcaire et de magnésium que dans la terre de jardin ordinaire.

 

En l’espace de 12 à 15 ans, les vers de terre peuvent retourner entièrement les 10cm supérieurs de la couche arable et cela sans charrue! Ils produisent année après année 10 à 90 t\ha d’humus très précieux. Ils se gavent continuellement de terre et de déchets organiques et rejettent des petits tas d’humus qui sont des plus fertiles. Leur corps n’est, pour employer une dénomination simplifiée, qu’un tube intestinal, dans lequel des éléments organiques se lient avec des particules minérales pour donner des grumeaux extrêmement fins et stables. Le ver de terre est ainsi le plus grand améliorateur du complexe argilo-humique, si important pour l’humus stable. Grâce à son activité de fouissage et à ses galeries, le ver de terre contribue en outre à une meilleure aération et à un meilleur drainage des sols.

 

Sous le signe d’une conscience renforcée pour l’environnement, liée avec un intérêt nouvellement éveillé pour une fécondité naturelle du sol, sans pesticides ni engrais chimiques, les jardiniers et les vers de terre vivent de nouveau en bonne intelligence. Plus le jardinier est « paresseux », moins il intervient dans la constitution du sol, ainsi que dans la communauté hautement complexe des organismes du sol; c’est ainsi bien mieux pour le sol.

 

Un vieux dicton issu de la sagesse populaire française dit : « Le Bon Dieu seul sait comment on rend la terre fertile et il a confié son secret aux vers de terre ». Nous voulons seulement essayer d’arracher ce secret aux vers de terre.